Fin de vie en centre d’hébergement et de réinsertion sociale

7 janvier 2015

Fin de vie en CHRS : une enquête auprès des directeurs des CHRS et de leurs équipes

Les centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) sont très concernés par problématiques de l’exclusion et de la pauvreté en France. Ils ont pour mission d’assurer l’accueil, l’hébergement, l’accompagnement et l’insertion sociale des personnes ou familles connaissant de graves difficultés en vue de les aider à accéder ou à retrouver leur autonomie personnelle et sociale. L’objectif de l’enquête menée par l’ONFV en 2014, en partenariat avec la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (FNARS), auprès des professionnels des CHRS ; est de décrire et comprendre les leviers et obstacles auxquels ces équipes sont confrontées dans le cadre de l’accompagnement des personnes accueillies en fin de vie.
Qui sont les personnes en fin de vie accueillies et où décèdent-elles ? Quel est le rôle et l’implication des professionnels des CHRS dans ce moment particulier ? Quelles difficultés rencontrent-ils face à ces situations ? Quels sont leurs leviers ? Ces questions sont autant d’éléments qu’il s’agira d’éclairer.

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Objectif - Décrire et comprendre les leviers et obstacles auxquels les Centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) sont confrontés dans le cadre de l’accompagnement des personnes accueillies en fin de vie ; identifier les pratiques d’accompagnement de fin de vie des personnes en situation de précarité et d’exclusion au sein de ces structures ; mieux connaitre les ressources internes et externes dont disposent les professionnels des CHRS, et/ou celles auxquelles ils font appel, pour accompagner au mieux ces personnes en fin de vie.

Méthode – Enquête menée auprès des directeurs des CHRS et leurs équipes entre le 29 avril et le 16 juin 2014. L’ensemble des CHRS recensés dans le FINESS ont été sollicités soit 916 CHRS.

Analyse – Les analyses ont porté sur 109 CHRS. Ces derniers ont comptabilisés 132 décès entre 2012 et 2013. De plus, au moment de l’enquête, 165 personnes hébergées présentaient une maladie grave, en phase avancée ou terminale connue par le CHRS, parmi eux, 61 personnes étaient en fin de vie.

Résultats – Plus de la moitié des personnes décédées (58%) avaient une maladie grave, en phase avancée ou terminale connue du CHRS. Les morts violentes (suicide, overdose, homicide, accident etc.) ont concerné près d’un décès sur quatre (23% des décès). Parmi les résidents décédés, 48% avaient entre 45 et 60 ans et 44% avaient un suivi ou un traitement psychiatrique. La moitié des décès sont survenus à l’hôpital, 29% des décès ont eu lieu au sein du CHRS. Plus de la moitié des résidents décédés entre le 1er janvier 2012 et le 31 décembre 2013 (tous lieux de décès confondus) étaient accueillis en hébergement collectif. Près de 19% des CHRS déclarent avoir un ou plusieurs professionnels sensibilisés/ formés à l’accompagnement de fin de vie, soit 20 établissements. Parmi les CHRS non formés/ sensibilisés à l’accompagnement de fin de vie un besoin de formation est exprimé par 29% des structures. A part l’HAD qui a été mobilisée en hébergement individuel pour 14% des résidents décédés ayant eu une maladie grave en phase avancée ou terminale connue par le CHRS, (contre 9% des résidents en hébergement collectif), les autres équipes médicales sont principalement intervenues dans des CHRS proposant un hébergement de type collectif (23% SSIAD, 23% Réseau de soins palliatifs, 20% bénévoles d’accompagnement, 14% USP). Les professionnels des CHRS mobilisent peu les solidarités associatives dans le contexte de la fin de vie, ainsi 48% d’entre eux disent ne faire appel à aucune association dans un contexte de fin de vie. En cas de décès d’un résident, un soutien est mis en place pour les professionnels pour 70% des établissements interrogés (réunions d’analyse de pratique ou de supervision), pour les autres résidents (55% des CHRS), et un hommage est rendu aux résidents décédés dans 51% des CHRS.

Discussion La fin de vie de personnes sans domicile fixe peut se dérouler paradoxalement dans des lieux inappropriés tels que des Centre d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS). Ces lieux de vie sont par défaut amenés à être de potentiels lieux de fin de vie. En 2014, 1,5 résidents par CHRS en moyenne avaient une maladie grave en phase avancée ou terminale connue de l’établissement. Confrontés à ces situations, très peu formés ou sensibilisés à ces questions, les professionnels des CHRS sont en difficultés, ils méconnaissent et sous utilisent les structures de recours que sont les réseaux de santé, les Équipes mobiles (EMSP) et les Unités de soins palliatifs (USP).

Conclusion- Prendre en charge un résident en fin de vie au sein d’un CHRS va au-delà des cadres spécifiques de l’action sociale bien souvent définis dans le projet d’établissement de la structure. L’accompagnement de fin de vie d’un résident questionne les positions professionnelles et les manières de s’engager par une réflexion éthique autour des pratiques et de l’environnement dans lequel ces professionnels interviennent.

Pour tout renseignement

Pour tout renseignement concernant cette enquête vous pouvez contacter l’ONFV :
Par mail : enquete@onfv.org
Par téléphone : 01 53 72 33 28 / 01 53 72 33 25